Interview de Luke Wroblewski à la conférence UI17 à Boston

Interview de Luke Wroblewski à la conférence UI17 à Boston

par ,
le 20 novembre 2012

0
0

Il y a trois semaines, nous étions à Boston pour assister aux conférences UX « UI17 », organisées par Jared Spool. A cette occasion, nous avons interviewé l’un des intervenants, Luke Wroblewski, auteur de « Mobile First ». L’interview étant en anglais, nous vous en avons fait une retranscription ci-dessous.

Voir la vidéo originale.

Voici 5 questions pour moi, Luke Wroblewski.
Nous sommes à Boston, en novembre, et il fait plutôt froid dehors.

1ère question :
Qu’est-ce que tu penses de la multiplicité des nouveaux appareils connectés à internet (smartphones, tablettes… ) ? Opportunité ou contrainte pour nous, UX designers ?

Je pense en fait que quel que soit ce à quoi nous nous attaquons en matière de web design, il y a des limites et des opportunités, et jongler avec différents types d’appareils cibles n’est pas vraiment un problème.

L’opportunité, c’est qu’il y a beaucoup de facteurs nouveaux : les utilisateurs se servent de différentes façons, dans différents endroits et à différents moments, des applications. Quand vous regardez le contexte dans lesquels les logiciels étaient utilisés avant, il fallait être devant un ordinateur de bureau ou un ordinateur portable. Désormais, ce n’est plus le cas et cela entraîne beaucoup de nouvelles opportunités.

Mais il y a également des contraintes car désormais nous avons à nous demander : « comment notre service peut-il fonctionner complémentairement sur ces différents appareils ? » Ce n’est pas aussi simple que lorsque nous n’avions que d’un facteur principal à nous préoccuper (la taille de l’appareil), il y en a maintenant une quantité. Il est clair que l’évolution des tailles des appareils dans le futur est quelque chose qui influence les fonctions des applications et nos conceptions.

2ème question :
Tu dis que le secret pour créer un design d’interface simple, c’est de se préoccuper avant tout de son contexte d’utilisation. Comment concilier cette règle avec les problématiques liées au responsive web design ?

Pour concilier les deux, le mieux est de concevoir votre interface avant tout en pensant à son contexte d’utilisation. Le problème, c’est que nous n’avons pas réellement beaucoup d’indices sur le contexte d’utilisation des interfaces que nous concevons lorsque nous les concevons. Notre indicateur principal est aujourd’hui la taille d’écran des appareils utilisés. Mais si nous ne nous fions qu’à cela, nous ne pouvons pas faire de déductions précises quant au contexte d’utilisation des interfaces. Sous-prétexte qu’un utilisateur se sert d’un petit écran pour consulter votre site, cela ne signifie pas nécessairement qu’il est en route pour votre restaurant ou qu’il souhaite vous appeler. Il peut très bien être chez lui, dans son lit, en train de regarder la télévision et chercher à consulter votre menu !

Nous ne pouvons pas déduire, juste parce que l’écran d’un appareil est petit, que ses utilisateurs ont des attentes spécifiques. Il faut aller au-delà de la taille de l’écran. Si nous avions une meilleure idée du contexte d’utilisation d’une interface, par exemple de la bande passante des utilisateurs, de leur localisation précise… nous pourrions alors adapter en conséquent notre interface. Seulement il nous est très difficile d’avoir ce genre d’informations précises et donc, de fait, d’en tenir compte.

3ème question :
Avec les tablettes tactiles, la télévision connectée, des technologies comme Kinect (Microsoft)… quelles évolutions majeures vois-tu se profiler dans les 5 ans à venir en matière d’interaction ?

He bien, je ne sais pas si cela aura lieu dans les 5 prochaines années, mais Bill Buxton a l’analyse suivante à propos de l’évolution des nouvelles technologies. C’est sa « théorie du long nez » de l’innovation. En gros, le prochain milliard de $ de bénéfices engendré par les nouvelles technologies se fera grâce à des inventions qui existent déjà depuis vingt ans. Regardez autour de vous, vous verrez que ce que vous avez évoqué existe aujourd’hui, mais continu d’évoluer sans forcément se diffuser à grande échelle.

La notion « d’interface utilisateur naturelle » (lorsque l’utilisateur interagit avec l’interface comme il le fait dans la réalité, par exemple en utilisant le toucher avec une tablette tactile ou des gestes comme avec Kinect et Leapmotion), entre dans cette catégorie, le principe de commande vocale aussi. Aucune de ces avancées n’est aujourd’hui mature, elles sont en gestation, et l’avenir nous dira ce qu’elles deviendront.

Je n’aime pas faire des prédictions, mais, au cours des cinq prochaines années, je crois que de plus en plus d’objets seront connectés à internet, juste parce qu’ils peuvent l’être. Et parce que les fabricants de ces appareils les mettent à jour régulièrement, les rendant ainsi rapidement obsolètes, imposant alors aux utilisateurs d’en acheter de nouveaux. C’est ainsi que nous allons voir de plus en plus d’objets connectés qui n’ont pas nécessairement d’écran, sans système d’exploitation, ne permettant que la simple collecte et le partage de données. Il y aura donc des applications associées à ces objets à concevoir, répondant aux question : « Comment extraire ces données ? Comment les exploiter ? Comment interconnecter ces données avec d‘autres? »

Je pense donc que c’est assez excitant de voir tout ce qui se profile à l’horizon, avec ces problématiques de transmission des données émises par votre maison, votre propre corps… Ce sera un nouveau défi !

4ème question :
Il y a trois semaines, tu étais en Afrique du Sud pour le Content Strategy Forum. Pendant ces trois jours de conférences, qu’est-ce qui t’a marqué le plus ?

Ce qui m’a le plus frappé en Afrique du Sud, c’est que c’est un peu comme en Californie, où j’habite, mais fois dix ! Chez nous il y a des caves, là-bas aussi. Nous avons une côte escarpée, ils ont une immense côte escarpée. Nous avons des plages, ils ont des plages fantastiques. C’était un peu comme chez moi, mais tout était plus grand là-bas, un peu comme si on regardait à travers une loupe géante.

En matière de conférences, il y a eu beaucoup de discussions autour de la stratégie de contenu comme vecteur de changement, d’optimisation. Il faut des gens dans les sociétés pour s’occuper de cette communication avec les clients et gérer les sites web et applications. Cela demande des efforts de canaliser ces contenus, il en résulte des changements d’organisation, de process, autrement dit « comment les gens travaillent entre eux ? » C’était le thème le plus redondant et qui m’a le plus marqué.

5ème question :
Si tu travaillais à l’écriture d’un nouveau livre, quel en serait le sujet ?

Je vais probablement écrire un livre sur la façon de travailler pour concevoir des sites et interfaces « du mobile au multi-device », sujet dont j’ai appris beaucoup de choses depuis deux ans. Vous le savez, les gens recherchent des solutions miracles, des réponses rapides et faciles à ce genre de problématique. Or, chaque fois qu’ils trouvent une solution nouvelle et miraculeuse, ils en trouvent une autre ensuite, les choses vont tellement vite. Désormais les choses se stabilisent, les gens ont compris l’importance de cette problématique mais ne savent pas comment y répondre et je suis prêt à leur apporter cette réponse.

Ecrire un livre, c’est un peu comme donner naissance à un enfant. Non pas que j’ai déjà accouché, mais il faut du temps pour oublier qu’un accouchement est douloureux avant de faire un nouvel enfant. Je me laisse généralement quelques années entre l’écriture de deux livres avant de réaliser que « Hey, je devrais peut-être écrire un nouveau livre ! » Donc non, cela n’a pas de chance de se produire pour le moment.

6ème question (question bonus) :
Dans notre équipe, il y a un débat sur la prononciation de ton nom… Comment dis-tu « Wroblewski » ?

Pour connaître la réponse et savoir comme prononcer le nom de Luke à l’américaine, ainsi qu’à la polonaise, écoutez la fin de l’interview !

Merci beaucoup les gars, j’ai apprécié cette interview !

mots-clés :

,

articles à lire ensuite...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0
0

Interview de Luke Wroblewski à la conférence UI17 à Boston